Les Hussites

La période hussite est peut-être la période la plus importante de l’histoire tchèque, mais elle est sans aucun doute la plus excitante. Jan Hus était un professeur d’université de l’Université Charles et un fervent adepte des idées du théoricien anglais John Wycliffe. Hus fut le protagoniste principal du mouvement militant pour que la foi soit basée sur la Bible et non selon la hiérarchie de l’Eglise.

Peut-être que sa conviction la plus radicale était que tous les catholiques devaient avoir droit à une communion totale ; à cette époque, seuls les membres du clergé étaient autorisés à boire le sang du Christ. En fait, cette partie de ses convictions devint si connue que le calice utilisé au moment de la communion devint le symbole des Hussites. Il se rallia à la réforme de l’Eglise un siècle avant Martin Luther King, et il épousa également sa conviction selon laquelle l’indulgence n’était pas à vendre.

En 1415, Hus fut cité à comparaître à Constance devant un conseil de l’Eglise. Il fut déclaré coupable d’hérésie et son châtiment fut d’être brûlé sur le bûcher.

Pourtant, la mort de Hus ne mit pas fin au mouvement hussite – en fait cela le galvanisa encore plus, et la Bohème se remplit rapidement d’extrémistes religieux. Cela mena aux guerres hussites. Ces guerres débutèrent lorsqu’une manifestation des Hussites devint hors de contrôle, les manifestants forçant le passage du nouvel hôtel de ville, défenestrant au préalable plusieurs conseillers catholiques – ce qui semble être une méthode traditionnelle tchèque pour assassiner des gens. Par la suite, les Hussites détruisirent certains quartiers de la ville. Le roi de Bohème, Sigismund, lança un certain nombre de croisades contre les Hussites qui s’étendirent bien au-delà des frontières du pays. Cependant, il fut vaincu sur la colline de Vítkov par le meneur hussite Jan Žižka – un homme qui était borgne. Un monument en l’honneur de Žižka se dresse aujourd’hui sur le lieu de la bataille.

La stabilité fut atteinte lorsqu’un roi hussite fut élu en 1458, Georges de Poděbrady (Jiří z Poděbrad). La noblesse qui procéda à son élection ne le fit pas de gaité de cœur, et lorsqu’il mourut ils invitèrent la dynastie polonaise Jagellon à s’emparer du trône de la Bohème, empêchant ainsi le royaume de tomber entre les mains des hérétiques pour une durée trop longue. Après la mort de Vladislav II, le roi polonais – et suite à un règne marqué par la restriction de ses pouvoirs par les nobles bohémiens et par sa décision de déplacer la capitale à Budapest en 1490 – il fut remplacé par Ferdinand de Habsbourg, le frère de l’Empereur du Saint Empire Romain, Charles V. Les Habsbourg s’apprêtaient à régner sur la Bohème jusqu’en 1918.

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